A quoi ça sert un syndicat ?

Beaucoup de collègues se posent cette question. Nous y répondons !

Vous trouverez sur cette page quelques exemples d'actions menées par l'équipe du SNALC TOULOUSE.


Votre contact : snalc.toulouse@gmail.com

Témoignage de Pierre VAN OMMESLAEGHE

MARS 2019 : un collègue passe du licenciement potentiel à la hors-classe

Jean-Pierre M.(1) est professeur de mathématiques depuis plus de trente ans. Jusqu’en 2006 il donne toute satisfaction dans son travail : il est bien noté par son chef d’établissement et ses rapports d’inspection, s’ils ne sont pas mirobolants, relèvent un travail sérieux, conforme au programme et « profitable aux élèves ». Un professeur normal, faisant consciencieusement son métier. Pourtant il enseigne essentiellement en lycée technologique industriel et se voit confier, sans rechigner, les classes que personne ne recherche.


Tout change en 2006. Les notations administratives deviennent moins favorables. Que s’est-il passé ? Un changement de proviseur. Qui le prend en grippe.


Une inspection est diligentée en 2007. Mais l’IPR d’alors ne s’en laisse pas compter. Alors qu’un rapport d’inspection de 2002 du même était plutôt neutre, celui de 2007 est nettement plus positif.


Hélas pour Jean-Pierre, l’inspection de mathématiques va également se renouveler. En novembre 2009(deux ans et demi plus tard seulement !), nouvelle inspection. Et là plus rien ne va. Jean-Pierre est devenu un professeur exécrable, incapable de tenir sa classe et de faire un cours construit. Les éléments objectifs sont pourtant en sa faveur : le cahier de texte est bien tenu, du travail personnel est donné aux élèves, il y a ce qu’il faut d’évaluation, les documents distribués sont rigoureux et clairs. Mais qu’importe tout cela, il faut qu’il change sa façon d’enseigner, sinon…


Un an plus tard le même IPR vient contrôler si Jean-Pierre s’est conformé à ses directives. Le rapport est encore plus négatif si cela est possible. Un tutorat lui est imposé.


Six mois plus tard, un acolyte de l’IPR vient porter le coup de grâce. Même l’amélioration de la discipline en classe, que l’inspecteur doit bien noter, n’est pas portée à son crédit. La menace de révocation est brandie. On lui impose un changement d’établissement avec un nouveau tutorat.


Jean-Pierre encaisse. Ses cours sont toujours bien construits, le cahier de texte rempli, les évaluations données et corrigées. Il accepte les tutorats, le changement d’établissement même.


Mais qu’importent ses efforts, on a décidé qu’il avait la rage, il faut donc le noyer. Une procédure de licenciement est lancée contre lui. Il tombe en dépression en 2013.


C’est peu de temps après qu’il adhère au SNALC avec sa femme. Auparavant dans un autre syndicat, il s’estime mal défendu.


Dans un premier temps, le SNALC a écouté ce couple de collègues désemparé pour évaluer ses projets et envisager la meilleure stratégie de défense. Devant l’acharnement de la hiérarchie et ce qui paraissait relever du harcèlement, le S3 du SNALC lui a conseillé de faire appel à la protection juridique de la GMF, à laquelle tout adhérent du SNALC a droit. Il a pu confier son dossier à un avocat.


La procédure devant le tribunal administratif a été long et difficile. Pendant ce temps la dépression de Jean-Pierre s’est aggravée. Son congé de longue maladie devient congé de longue durée. Il passe en demi-traitement puisque la rectrice refuse de reconnaître que sa dépression est due au service.


En mai 2018, alors qu’il est deuxième sur le tableau d’avancement à la hors-classe, la rectrice lui en refuse le bénéfice.

Finalement, en octobre de la même année, le tribunal administratif reconnaît que sa dépression a été causée par ses conditions de travail. Il condamne le ministère à le rétablir dans ses droits à pleine rémunération et aux dépens. C’est une victoire judiciaire et morale.


Considérant que les raisons qui motivaient le refus de la hors-classe étaient récusées par le jugement du tribunal, Jean-Pierre demandait, en décembre, le bénéfice de la hors-classe. Le SNALC appuyait sa demande par une lettre adressée à la Rectrice. Après plusieurs mois de silence, l’administration a accédé à sa demande.


On le voit, le combat de Jean-Pierre a été long et difficile. Aujourd’hui encore, même si la reconnaissance judiciaire de son statut de victime et non de coupable lui a mis du baume au cœur, il est diminué. Ce succès a été possible essentiellement grâce à son courage et au soutien constant de son épouse. Mais aussi grâce au soutien que le SNALC lui a apporté, notamment par la protection juridique qui est incluse dans la cotisation au SNALC. De plus en plus souvent nous sommes confrontés à des situations de collègues pour laquelle la seule issue est le recours au Tribunal administratif. Beaucoup hésitent parce que ce recours est toujours long et aléatoire. Qu’il faut prendre un avocat et que cela a un coût. L’administration le sait et joue là-dessus pour léser des enseignants dans leurs droits. Mais ce que montre l’exemple de Jean-Pierre, c’est qu’il ne s’agit pas d’une fatalité. Adhérer au SNALC ne vous assurera pas de gagner. Mais cela vous donnera la possibilité financière de le faire et l’assurance que vous serez accompagné et soutenu tout au long de la procédure.

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Témoignage de Sylvie Morante-Cazaux

Mardi 2 avril 2019 : accompagnement d'une collègue du 1er degré

Le matin, je contacte l’inspection académique du Tarn pour parler de la situation d’une AESH qui a appris que son contrat ne serait pas renouvelé. Je parle au DRH des nouvelles pièces qui permettraient au DASEN de réviser son jugement. A la fin de notre conversation, je lui transmets ces pièces par courriel. Je le rappellerai très prochainement pour connaître l’avancement du dossier.


Puis, j'accompagne Sophie(1), une adhérente du SNALC, qui m’a téléphoné le vendredi précédent. Les relations avec l’enseignante d’un des enfants qu’elle accompagne se sont dégradées tout dernièrement. Elle a rendez-vous à midi avec la directrice et l’enseignante.


J’arrive en avance pour prendre contact avec la directrice qui m’informe que l’ATSEM de la classe et la directrice du CLAE (responsable de l’ATSEM) seront présentes aussi. Si je n’étais pas venue, Sophie, qui est déjà stressée depuis l’annonce de ce rendez-vous, se serait retrouvée seule face aux quatre autres personnes.


Au cours de l’entretien, les dissensions entre Sophie et l’enseignante sont criantes : il paraît évident qu’elles ne pourront plus travailler ensemble. La directrice propose de demander au rectorat le déplacement de Sophie dans une autre école. J’interviens immédiatement, Sophie travaille dans cette école depuis 18 mois. Elle suit deux autres enfants dans l’école et tout se passe bien avec ces élèves et leurs enseignantes : il faut trouver une autre solution.


Alors, la directrice envisage de confier à Sophie l’accompagnement d’un autre enfant de l’école qui est suivi depuis 2 semaines seulement par une nouvelle AESH. Cette solution ne paraît pas la convaincre, les emplois du temps des enfants ne seraient pas compatibles, à cause des suivis extérieurs.

Je lui propose alors d’étudier les emplois du temps avec elle. Finalement une solution est trouvée : Sophie ne suivrait plus cet élève et continuerait à accompagner les deux autres enfants qu’elle suit dans cette école.


Je rédige un courriel à l’attention du rectorat reprenant les solutions proposées. 

16 heures, la responsable du pôle AESH contacte la directrice : le nouvel emploi du temps de Sophie est validé. Elle ne côtoiera plus l’enseignante et pourra travailler dans des conditions sereines.


En fin d’après-midi, je rédige un mail à l’attention de l’AESH rencontrée la veille à l’école pour lui donner des précisions sur le diplôme d’état d’accompagnement éducatif et social (DEAES) et la pertinence de s’y inscrire (ou pas !) pour son avenir. 


(1) Le prénom est changé dans le but de préserver l’anonymat de la collègue.  

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Témoignage de Christine Barbier

Mardi 2 avril : visite des écoles du tarn-et-garonne

Je me rends dans les écoles du Tarn-et-Garonne pour informer et conseiller les AVS et les AESH sur leurs contrats, leurs salaires, leurs droits, la formation, l’entretien professionnel, les aides qu’elles peuvent recevoir… 

J’ai prévenu l’école la semaine précédente pour que les collègues puissent préparer leurs questions.


Je leur remets également le livret d’information du SNALC Toulouse à destination des AVS et des AESH et leur explique la teneur de la future circulaire qui met en forme les annonces du ministre.


En fin d’après-midi, je téléphone longuement à une AESH qui travaille auprès d’une élève particulièrement violente et qui a besoin de conseils. Nous convenons d’un rendez-vous pour préparer son rendez-vous au rectorat la semaine prochaine. 


Pour finir, j’envoie des courriels pour prévenir de notre venue les AESH des écoles que je visiterai la semaine prochaine avec Sylvie.

Témoignage de Nathalie Aloisi et Sylvie Morante-Cazaux

Lundi 1er avril 2019 : Violente agression dans une école maternelle

Suite à la violente agression d’un enseignant au sein d'une ’école maternelle à Toulouse, nous nous rendons sur place pour apporter notre soutien et notre sympathie aux collègues.

C’est une école que nous connaissons bien puisque nous y sommes déjà venues plusieurs fois au cours de nos tournées d’informations syndicales hebdomadaires.

Nous passons du temps avec les enseignantes et la directrice, et nous tenons à leur disposition si notre intervention devait être nécessaire dans un futur plus ou moins proche.


Nous renseignons également une AESH débutante sur ses perspectives d’avenir. En effet, elle n’a pas été formée avant de prendre son poste et se pose beaucoup de questions.

Nous nous rendons ensuite à l’école élémentaire voisine où les enseignants sont également choqués par cette agression. Nous dialoguons longuement avec la directrice qui s’inquiète de la sécurité des enseignants pendant les rendez-vous avec les parents d’élèves. Nous envisageons ensemble de nouvelles modalités pour sécuriser les entretiens avec les parents.  

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Témoignage de Bérengère de Bourayne

Lundi 1er avril 2019 : Décortiquer la circulaire du mouvement du tarn-et-garonne

Le matin, je reste au bureau et « décortique » la circulaire du mouvement du Tarn-et-Garonne.


J’écris un article qui décrypte ce texte long et complexe, d’autant que cette année les règles changent. 


L’après-midi même, l’article est mis en ligne, accompagné de toutes les annexes de la circulaire.


Je consacre la fin de la journée à téléphoner aux collègues inquiets qui ont besoin de conseils pour rédiger les listes de vœux du mouvement et à ceux qui ont des questions sur les promotions. 

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Témoignage de notre cellule juridique

Mercredi 26 mars 2019 - une IDV refusée, puis finalement accordée

Notre collègue, Jean (1), certifié de Mathématiques peut vous l’expliquer : il a compris, il y a trois ans que les élèves ne l’intéressaient plus, mais alors plus du tout !


 Il est allé consulter la cellule des RH de son département et il a travaillé sur un beau projet : reprendre une entreprise. Mais pour cela, il s’est assuré d’une formation qui a duré un an et lui a coûté 8 500 euros.


Le Rectorat lui ayant accordé une disponibilité, le coût de sa formation, bien sûr, était pour lui !


La formation bouclée, le projet monté, Jean demande une indemnité volontaire de départ (IDV) au Rectorat, selon son droit : deux ans de salaire environ.

Il est certain de l’obtenir car il remplit TOUTES les conditions pour l’avoir…


Effectivement… sauf qu’il est professeur de Mathématiques, et que le Rectorat, au prétexte que la matière est déficitaire, a changé les règles : plus de  départ et d’IDV pour les profs de Maths ! Tant pis pour eux !


Jean va-t-il perdre le prix de sa formation, un an de salaire et surtout revenir dans le métier ?

Oui, s’il n’avait pas été au SNALC . Mais comme il est syndiqué, le SNALC a défendu son dossier, et Jean va pouvoir quitter le métier dans de bonnes conditions.


LE SNALC VOUS AIDE TOUJOURS , MÊME SI VOUS CHOISISSEZ L'IDV POUR QUITTER LE MÉTIER !


 (1) Le prénom est changé dans le but de préserver l’anonymat du collègue. 

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Témoignages de Sylvie Compte-Sastre

Vendredi 25 janvier 2019 - Une journée bien remplie et mouvementée

09h00 - Entretien avec le médecin du rectorat :

J'accompagne Valérie(1), collègue victime d'un burn-out professionnel, à un entretien avec le médecin du rectorat.

Le docteur est aimable et compréhensif. Nous entretenons de bonnes relations avec elle.

Valérie(1) fait une crise de larmes et d’angoisse. Visiblement, elle ne peut plus être en présence d’élèves. Elle va être en congé un an, le temps de se faire soigner (à taux plein).

Puis, elle intégrera un PACD (Poste adapté de courte durée) dans des bureaux, après expertise et déclaration d’inaptitude.

Le médecin a la gentillesse de répondre à d’autres questions concernant d’autres collègues.

  

(1) Le prénom est changé dans le but de préserver l’anonymat de la collègue.

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14h00 - Intervention dans un commissariat toulousain :

Hier jeudi, Natacha(1), s’est faite agresser par un élève de son collège toulousain. Elle s’est rendue au commissariat pour déposer une main courante mais s’est fait interdire l’entrée par un agent, sous prétexte qu’elle n’avait pas l’autorisation de son chef d’établissement.

Aujourd’hui,14 heures, j’accompagne Natacha(1) et nous sommes ensemble au même commissariat de police. Je me présente. Je donne ma carte.

A partir de là, impeccable...

Les policiers se souviennent bien de la démarche de Natacha(1), la veille.

Nous sommes reçues dans le bureau d’une policière d’autant plus sympathique qu’elle fait preuve d’empathie vis-à-vis des enseignants.

Elle a de l’expérience avec les adolescents ; elle cerne rapidement le personnage et la situation vécue par notre collègue. 

La main courante se prolonge. Au passage, la policière nous signale que son commissariat voit défiler les problèmes depuis l’arrivée du chef d’établissement actuel…

Mais, les choses ne s’arrêtent pas là : dans la foulée, Natacha est convoquée par le chef d’établissement. Celui-ci est contrarié par notre passage au commissariat. Mais quand elle lui dit qu’elle était accompagnée par une représentante du SNALC TOULOUSE, il change de ton, devenant plus compréhensif et aimable.

Les collèges de ce collège vont se réunir prochainement pour discuter de la situation dans leur collège.


(1) Le prénom est changé dans le but de préserver l’anonymat de la collègue.

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